Chronique historique

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Les monuments de Ger

17-La vie quotidienne au XIX° siècle

La Forêt de La Lande-Pourrie
Le 18 juin 1827, le conseil unanime refuse la demande faite par M. de Pracontal qui visait à récupérer tous les terrains sains et vagues de la commune. Le 9 septembre 1830, le Conseil entérine la décision du ministre de l’Intérieur qui laisse à la Commune de Ger une bonne partie de la forêt de la Lande-Pourrie (en tant que territoire communal) et en définit les limites. Précisons que cette décision n’intervient en réalité que pour constater un état de fait.
Le 28 novembre 1831, le conseil proteste auprès des autorités pour que la partie de la forêt de la Lande-Pourrie qui se trouve sur son territoire et qui appartient à M. de Pracontal soit portée sur les rôles de contributions foncières, celui-ci bénéficiant de nombreux privilèges sans payer d’impôts. Il reste encore environ 760 hectares de forêt à cette époque, contre 1 000 en 1791 et presque le double 100 ans plus tôt.

La poterie périclite
Avec l’avènement de l’ère industrielle, les potiers qui ont toujours conservé un mode de travail presque ancestral, ne peuvent lutter contre les poteries anglaises qui inondent le marché et qui sont d’un coût bien moindre, puisque faites en grandes séries. Ne sachant pas s’adapter, cette industrie locale qui emploie encore 555 hommes en 1840 va sombrer lentement. Il en est de même d’ailleurs pour la papeterie du Gué Thibault qui avec 6 hommes produisait alors 1849 rames de papier et qui disparaîtra rapidement. Ne connaissant pas les fonds du chômage à l’époque, le conseil municipal de Ger afin de venir en aide aux nombreux ouvriers de la Commune qui souffrent de la vie chère et manquant d’ouvrage, en raison des faits exposés ci-dessus, destinait les excédents du service vicinal à l’emploi de ces ouvriers qui devaient casser des pierres pour l’entretien des routes.
Il faut préciser que la diminution de la population (2 610 habitants en 1836) coïncide également avec des émigrations de plus en plus importantes de jeunes paysans en direction des villes. Nous profitons de cette occasion pour signaler les principales cultures de cette époque qui ne correspondent plus du tout avec ce que nous connaissons.
Les principales cultures du Mortainais étaient : le sarrasin 15 000 ha, l’avoine 6 000 ha, le seigle 5 000 ha, le froment 4 000 ha et l’orge 400 ha.

Les terrains nécessaires à la construction de l’école et de la Mairie sont achetés en 1838 de même qu’un terrain supplémentaire pour que le marché du jeudi qui a lieu depuis un temps immémorial bien qu’il ait été réduit durant la révolution, bénéficie de suffisamment de place. La Place publique s’appelle Place de la Culotte. Les travaux de la mairie-école étaient, semble-t-il, terminés en 1839.

La forêt change encore de propriétaire, lors du décès à 47 ans (1840) de M. de Pracontal, elle passe dans la famille de Failly.
En 1841, un important incendie ravage une bonne partie du Bourg.

La Révolution de 1848
Le 19 mars 1848, après la messe, le maire M. Lemoine, les adjoints, les conseillers municipaux et les officiers de la Garde Nationale drapeaux républicains en tête se sont placés sur la partie la plus élevée du mur du cimetière (près de l’église) et après avoir fait battre le rappel, ont proclamé la république devant plus de 1 000 personnes enthousiastes. Des banquets furent improvisés, et la plus franche cordialité n’a cessé de régner.

Le médecin vaccinateur est le Docteur Frestel de Saint-Lô. Un bureau de poste est créé fin 1866 à Ger, le receveur était Mme Nicolle. Ger compte alors 2 522 habitants.

L’Abbé Bailleul remplace l’Abbé Bidault, décédé à Ger le 20 mars 1875. L’Abbé Bailleul tenta de réunir une somme suffisamment importante pour construire une nouvelle église, l’ancienne ayant été gravement endommagée par la foudre le 14 août 1836 et réparée tant bien que mal, mais il n’y parvint pas. Une foire du jeudi le plus près de la Saint-Matthieu est autorisée par arrêté préfectoral du 1er septembre 1882 (49 communes avaient été consultées).

En 1891, Ger ne compte plus que 2 055 habitants, on dénombre encore 150 villages habités, la rue centrale s’appelle Rue des Halles (Mortain) ; mais la rue la plus fréquentée est la rue de l’église.

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